Electronic Resource Centre for Human Rights Education:
L’Analyse des données pour le contrôle des droits de l’homme



CHAPITRE 2

Pourquoi se fier aux données

Après de longues années passées au Bureau du Cancer d'Estonie, l'auteur attache maintenant beaucoup plus d'importance à la qualité des données plutôt qu'à l'utilisation de méthodes statistiques et cartographiques raffinées pour l'analyse des données.

Collaborateur anonyme au Scientific American

Contenu du chapitre

INTRODUCTION: Se fiant aux données
2.1 Les statistiques sont toujours ce que vous en faites.
2.2 Définir les termes utilisés.
2.3 Les données sont difficiles à obtenir.
2.4 Vérifier si les données sont consistantes.
2.5 L'erreur systématique.
2.6 Autres sources de données erronées.
SOMMAIRE DES PRINCIPES
REFERENCES
EXERCICES



INTRODUCTION Se fiant aux données

Bien des gens -- statisticiens ou non -- croient qu'il n'est pas possible d'obtenir des données valables sur les violations des droits de l'homme. En général c'est faux. Les problèmes qui rendent difficile la collection de données utilisées pour les droits de l'homme sont semblables à ceux qui se présentent dans beaucoup d'autres domaines.

Les analystes dans tous les domaines doivent traiter les problèmes suivants:

*.les définitions

*.les données incompatibles sur le même sujet provenant de sources différentes.

*.l'erreur systématique, voulue ou non

*.les données non communiquées

*.les données recueillies sans soin ou sans expertise

Mais cela ne veut pas dire qu'on ne peut pas utiliser les méthodes statistiques pour analyser ces données défectueuses; en fait, les statistiques peuvent s'utiliser pour l'analyse des données «mauvaises», incomplètes, ou faussées, de la même façon qu'on le ferait avec de bonnes données (1).

Se fier aux données sans se poser de questions n'est pas prudent et peut mener à de graves erreurs. Mais rejeter toute possibilité d'analyse de données de droits de l'homme à cause de leur problèmes propres est également imprudent et dangereux. En effet, si on pense ne pouvoir rien faire, avant d'avoir des données parfaites - il sera peut-être trop tard.

2.1 LES STATISTIQUES SONT CE QUE VOUS EN FAITES

Toutes les données sont directement influencées par la définition de ce qui est à recueillir, par la façon dont elles sont recueillies, et par les défauts inhérents provenant du travail humain et, quelquefois, du travail des programmes des ordinateurs. L'exemple qui suit démontre ce que nous voulons dire. C'est le même que le premier exemple décrit dans le chapitre 1.

Exemple 2.1

Au cours de la 48e session de la Commission des Droits de l'Homme de l'UNESCO, Rafael Rivas Posada, le représentant spécial du Secrétaire Général, a présenté un rapport sur sa visite à Cuba avec cinq membres de la Commission (2). Ce rapport de 25 pages consiste en 128 paragraphes numérotés, dont chacun contient au moins un cas individuel de violations probables des droits de l'homme.

Discussion

Dans la discussion du rapport de Rafael Rivas Posada sur sa visite à Cuba (voir l'exemple1.1), on a constaté que la méthode statistique simple de mise en tableau donne un résumé numérique des 128 paragraphes numérotés qui apparaissent dans le rapport. Cela donne un chiffre, celui du nombre de situations spécifiques que le rapporteur des Nations Unies a enregistré. Notre table donne un aperçu de l'ampleur des conclusions de la Commission, mais cet aperçu provient de la façon dont ces 128 situations sont groupées. Certains paragraphes du rapport comprennent plus d'un cas individuel. Une autre méthode d'analyse du rapport des violations présumées, c'est-à-dire en comptant les cas individuels, produit un autre ensemble de données et un autre tableau.

Si on prépare un tableau du nombre de cas, c'est-à-dire, de personnes (de victimes) qui ont souffert d'une violation possible, on obtient d'autres données:


Le droit qui aurait été violé

Nombre de paragraphes

Nombres de personnes

La vie

15

18

L'intégrité physique

31

51

La disparition

 2

 3

L'entrée dans/sortie du pays

10

17

La détention illégale

 7

 7

L'abus de procédures juridiques

 3

17

La sécurité

 7

21

Le droit au travail

 6

 8

La liberté réligeuse

 6

14

La liberté d'expression

25

29

La liberté d'association

16

30

Total

41

73

Maintenant on peut voir que le rapport contient 128 paragraphes numérotés qui incluent des violations des droits de 215 personnes. On voit que la «liberté de religion» se retrouve dans six paragraphes qui contiennent des renseignements sur 14 personnes.

2.2 IL FAUT DEFINIR LES TERMES UTILISES

Question:

Dans l'exemple ci-dessus, quel est le nombre «juste» de violations présumées: 128 ou 215?

Réponse:

Il n'y a pas de nombre «juste»! Est-ce qu'on s'intéresse au nombre de paragraphes ou au nombre de victimes décrites dans ces paragraphes? La réponse à cette question indique quel est le nombre «juste». (On voudra probablement utiliser les deux chiffres.)

La plupart des problèmes de définition ne sont pas aussi simples à résoudre, ainsi que le démontre de l'exemple suivant.

Exemple 2.2

Dans son article sur les problèmes de mesure des abus contre les droits de l'homme, Michael Stohl de Purdue University écrit, «La plupart des exécutions politiques, sinon toutes, ne sont toutefois pas officiellement reconnues ou enregistrées par l'Etat, et, par conséquent, ne sont tout simplement pas comptées.... Au Guatémala, par exemple, où des milliers de meurtres par le gouvernement ont eu lieu dans les trente dernières années, l'Etat n'a enregistré que trente-cinq exécutions politiques dans cette période....il s'ensuit que l'analyse statistique des droits de l'homme doit toujours être tempérée par l'analyse politique (3).»

Discussion

Dans cet exemple, quelle définition d' «exécutions politiques» faut-il utiliser - celle du gouvernement du Guatémala ou celle, par exemple, de Americas Watch? Celle de la milice locale ou celle des gens du village? La définition d'un employé de l'ambassade américaine qui n'a jamais vu le site du massacre présumé par les troupes du gouvernement ou celle d'un journaliste du New York Times qui s'est rendu sur place? (Dans le cas du massacre présumé, c'est l'équipe médico-légale qui a défini plus tard les «exécutions politiques» pour leurs propres desseins.) Comment le gouvernement du Guatémala définit-il «exécutions politiques»? Comment Americas Watch définit-il «exécutions politiques»? Comment définissez-vous ces mots?

La première, et la plus importante, tâche de tous ceux qui veulent rassembler des données sur les violations des droits de l'homme est de définir, d'avance, les mots importants. Et ceci, que ces données soient recueillies sur place, ou qu'elles proviennent de livres ou de documents officiels.

Exemple 2.3

La proportion de la population qui vit dans «la pauvreté» est souvent considérée un indicateur important des droits économiques et sociaux. Comment peut-on compter ou estimer le nombre d'habitants d'un pays qui vivent dans «la pauvreté»?

Discussion

La pauvreté a beaucoup d'aspects. Une femme en Afrique du Sud définit le mot ainsi: «La pauvreté, c'est ne pas savoir d'où va provenir votre prochain repas, c'est toujours se demander quand le conseil municipal va mettre votre mobilier dehors, c'est toujours prier pour que votre mari ne perde pas son travail»(4).

la pauvreté comme «étant en dessous du niveau de pauvreté selon l'index de pauvreté developpé par la Social Security Administration en 1964 et révisé par les Federal Interagency Committees en 1969 et en 1980.» Cette définition est «basée uniquement sur les revenus monétaires....»et le nombre de personnes dans la famille. Selon le Abstract de 1992, une personne qui habite seule et dont le revenu monétaire est inférieur à 6.652 dollars vit dans la pauvreté (5).

La pauvreté a évidemment un sens différent selon les pays. Une femme en Afrique du Sud a une idée différente d'un habitant célibataire des Etats-Unis de ce qui constitue la pauvreté. Un ouvrier spécialisé suisse va avoir une conception de ce que représente la pauvreté différente de celle d'un agriculteur en Equateur dont le salaire est à peine suffisant pour vivre.

En dépit des problèmes de définition, ceux qui s'intéressent aux droits économiques doivent évaluer le niveau de pauvreté pour pouvoir comparer les éléments suivants:

* le statut des différents groupes d'une population

* un pays au cours du temps

* la pauvreté dans des pays semblables

On peut avoir besoin de ces éléments pour étudier les effets de la politique économique, pour distribuer les resources, ou pour déterminer où les droits économiques et sociaux ont été violés. Pour atteindre ces buts, une seule définition de «pauvreté» acceptée d'avance est essentielle.

Pour atteindre ces buts, la complexité de la pauvreté est d'habitude ramenée à un seul chiffre, mais quel chiffre? Les Etats-Unis ont ramené la pauvreté à un chiffre; la définition de la Sud Africaine doit être ramenée à un niveau minimal de dépenses (un chiffre!) ou à des installations comme un système d'eau potable ou de latrines (que l'on peut aussi compter) «nécessaires pour assurer les besoins sanitaires et sociaux de base d'une famille (6).»

Même cette définition va évoluer avec le temps dans un pays donné, avec la structure sociale du pays, et parmi les divers observateurs dans le même pays. Toutefois, en dépit de ces problèmes, une mesure statistique de la pauvreté est établie par les gouvernements des nations et par un grand nombre d'organisations privées qui «établissent un niveau» de revenus, en dessous duquel une personne ou une famille est définie comme étant pauvre. On estime le nombre de pauvres en trouvant combien ( ou quelle proportion) de familles ont un revenu inférieur à ce niveau.

A cause des changements de ce niveau au cours du temps, des changements dans la conscience nationale de ce qui représente les besoins sanitaires et sociaux de base, et des différences entre les pays, il est essentiel de savoir quelle est la définition à utiliser avant de prendre une position ou d'émettre un jugement.

Exemple 2.4

Si on s'intéresse au nombre de viols de femmes en 1990 aux Etats-Unis, une source de renseignements serait le Statistical Abstract of the United States, qui contient les données sur les crimes commis dans le pays. La Table 287 du Stastitical Abstract de 1992 donne un taux de 41,2 viols par 100.000 habitants, mais la Table 295 donne un pourcentage de 60 viols par 100.000 habitants (7). Comment expliquer cette différence?

Discussion

Quel est le chiffre «juste»? Les deux chiffres sont ce que vous en faites, et leur valeur dépend de la façon dont les données ont été recueillies. On ne doit les utiliser qu'en se basant sur les meilleurs renseignements et sur la façon dont ils ont été obtenus.

Heureusement, le Statistical Abstract, dans l'introduction de la section où se trouvent ces deux exemples, précise que «Il y a deux méthodes principales pour calculer l'importance d'une activité criminelle». Le premier chiffre est basé sur les rapports mensuels et annuels de la police (Uniform Crime Reporting Program); l'autre chiffre est basé sur les rapports détaillés des crimes provenant directement des victimes (National Crime Survey).

Ce sont les victimes qui ont fourni ce taux de 60 par 100.000, et c'est des dossiers policiers que provient le chiffre de 41,2 par 100.000 plaintes enregistrées. Et, bien sûr, comme noté dans l'introduction, même dans les enquêtes auprès des victimes, tous les viols ne sont pas recensés.

Supposons maintenant qu'on prépare un rapport sur le nombre de femmes violées au cours des années. Quel chiffre choisira-t-on, 60 par 100.000 ou 41,2 par 100.000? Si on est fortement contre le viol et qu'on veuille proposer un projet de loi pour punir le viol par la peine de mort, est-ce qu'on choisirait le chiffre plus élevé pour convaincre les lecteurs? Ou bien si on veut peut-être montrer que le viol n'est pas un crime aussi terrible que d'autres, est-ce qu'on choisirait le chiffre le plus faible? De toute façon, si on n'utilise pas les deux chiffres, on est probablement partial.

2.3 OBTENIR LES DONNEES, C'EST UN TRAVAIL DIFFICILE

La tâche la plus difficile de la statistique est d'obtenir les données de base, et de s'assurer que ce sont les meilleures données qu'on puisse obtenir dans les conditions courantes. Mais même dans des situations apparemment simples telles que les recensements nationaux dans les pays développés, les chiffres dérivés d'archives telles que celles des droits de douanes, ou les données venant d'hôpitaux ou d'usines, on trouve que l'obtention des données «propres» exige beaucoup d'efforts.

A long terme, toutefois, le succès dépend de la qualité des données de base. Voici pourquoi.

* De mauvaises données de base mènent en général à des conclusions erronées qui pourraient mener à des actions inappropriées ou nuisibles.

* Même si le résultat mène à une conclusion apparemment correcte, cette conclusion est douteuse parce qu'elle ne peut pas être soutenue par un raisonnement logique.

* Une conclusion basée sur de mauvaises données ne résiste généralement pas à un examen minutieux public et légal.

La perte de la confiance du public peut détruire la crédibilité d'un travailleur ou d'une organisation pour les droits de l'homme.

Le travail difficile nécessaire pour obtenir les données peut prendre bien des formes, comme le montrent les exemples suivants.

Exemple 2.5

Après la guerre du Golfe persique (1991), des équipes d'enquêteurs se sont rendues en Irak pour déterminer le nombre de victimes civiles. Les équipes avaient un temps limité pour couvrir une grande aire géographique et un grand nombre de sites séparés (hôpitaux, centrales électriques, cimetières,...). Cela a créé des écarts dans les données qui ont dû être résolus plus tard quand les données n'étaient plus aussi fraîches.

Exemple 2.6

Pour mieux comprendre l'importance et la nature des actes de génocide qui prenaient place dans certains pays, un expert du génocide a dû former des «codificateurs», qui ont appris à examiner le texte des rapports des organisations des droits de l'homme et à ramener les termes et les expressions différents à une base unique et uniforme. C'était le seul moyen qui permettait à l'expert de faire des comparaisons valables.

Cela peut être même un travail dangereux!

Exemple 2.7

Quand la politique de la République sud-africaine était de déplacer par force la population indigène, un représentant d'une organisation locale des droits de l'homme a été, en secret, témoin de déplacements et a relevé le nombre de personnes déplacées, l'endroit, et la date. Cette personne a été démasquée, arrêtée, et torturée.

2.4 COMMENT VERIFIER SI LES DONNEES SONT CONSISTANTES

L'outil le plus important, c'est le bon sens. Les chiffres doivent être compréhensibles dans le contexte de la situation. La première mesure de vérification des chiffres consiste à considérer s'ils sont consistants. Bien que cela soit quelquefois une activité très créatrice, n'importe qui peut le faire. Les gens qui ont une connaissance de la matière ont un avantage, et on devrait toujours demander l'aide de quelqu'un qui est au courant au sujet. Dans le cas des droits de l'homme, cela veut dire quelqu'un qui connaît les coutumes et langage(s) du pays ou de la région où l'enquête a lieu.

Exemple 2.8

A plusieurs reprises, un gouvernement répressif a détruit un grand nombre de villages dans la région habitée par un certain groupe ethnique. Les survivants ont préparé de longues listes de noms des villages détruits qu'ils ont données à ceux qui travaillaient pour les droits de l'homme.

Discussion

La priorité est la recherche de validité. Compter le nombre de villages, de maisons,..., détruits est important, parce que cela peut prouver que le gouvernement détruisait systématiquement les villages. Mais avant d'accepter ces données, le travailleur pour les droits de l'homme doit se demander : «Comment sait-on que la liste est valable?»

Pour établir que la liste est juste, on peut étudier sa consistance en utilisant d'autres sources et d'autres rapports sur les villages détruits. Même si les documents ne sont pas complets ou s'ils contiennent des erreurs, les renseignements qu'ils contiennent peuvent être ajoutés à ce qui est déjà connu et peuvent être utilisés pour établir leur validité. Ces autres sources de renseignements peuvent comprendre:

* Une liste faite à partir de photos de satellite ou de reconnaissance aérienne qui montrent les villages détruits et les villages existants.

* Des listes d'organisations privées.

* Des listes telles que des actes funéraires, des registres d'églises, des registres d'hôpitaux,...

Il serait idéal de pouvoir comparer les documents préparés par les gens du village à d'autres sources de renseignement et de se mettre d'accord sur des chiffres valables. Nous ne cherchons pas à vérifier à 100%, seulement dans une mesure suffisante pour établir que les documents des survivants de la région en question sont fondamentalement valables.

Il n'y a pas de formule magique pour établir la consistance de données et c'est une question qu'on doit toujours se poser.

Exemple 2.9

La quantité de matière toxique qui émanait d'une usine en production continue était mesurée quotidiennement. Les relevés des appareils de mesure étaient notés par un ouvrier et donnés à un employé qui les enregistrait dans un ordinateur où se faisait l'analyse.

Discussion

Les mesures étaient variables à tel point que la société fut accusée de manipuler les données ou de faire des mesures inexactes. Un expert qui fut consulté à cause de sa connaissance du procédé pensait qu'il était tout à fait improbable que de tels changements soient naturels, ou puissent être produits délibérément.

Quand le procédé fut étudié en détail, la direction découvrit que la personne qui lisait les instruments et enregistrait les données était un travailleur récemment immigré qui ne connaissait pas bien la langue du pays. Il écrivait les chiffres de telle façon que les employés les avaient fautivement enregistrés dans l'ordinateur.

En révisant soi-même son propre travail, on peut découvrir ou éviter beaucoup d'erreurs qui pourraient fausser les conclusions. Si ces erreurs apparaissaient dans vos rapports ou vos interventions, vous pourriez détruire la crédibilité du reste de votre travail.

Dans toute situation, il existe des moyens propres à la validation des données. Cependant, on trouve souvent les dates et les âges dans les travaux pour les droits de l'homme et ce sont de bons exemples d'une méthode de validation des données:

Exemple 2.10

Si vous étudiez la campagne irakienne de 1988 contre les Kurdes (l'«Anfal»), une violation des droits de l'homme datant d'avant 1988 ne doit pas être attribuée à cette campagne particulière.

Exemple 2.11

Quel est le plus jeune âge possible de l'auteur d'un crime? Il est certainement possible qu'un criminel puisse avoir neuf ans, mais tous les enregistrements d'âge en dessous de dix ans nécessitent une étude spéciale.

Discussion

Vous pouvez examiner les données quand elles sont rassemblées pour vous assurer qu'aucune date n'est antérieure à 1988. De la même façon, vous devez vérifier les âges des criminels quand ils sont enregistrés pour vous assurer qu'un âge plus jeune que dix ans ne soit pas enregistré à moins qu'il ne soit valide. Et quand vous relisez vos rapports, vous pouvez -- et vous devez -- vérifier vos conclusions pour éviter que des erreurs de ce genre n'y apparaissent.

2.5 L'ERREUR SYSTEMATIQUE

Définition : «L'erreur systématique» est une déformation systématique des données.

Il y a beaucoup de sources d'erreur systématique, et une liste de toutes les causes possibles ne pourrait pas être complète. Dans cette partie du chapitre, nous vous donnons une série d'exemples d'erreur systématique et, dans beaucoup de cas, montrons comment elle a été réduite.

Exemple 2.12

La répression du gouvernement contre une minorité consistait à faire partir les villageois de chez eux, à les emmener dans des camps, à commettre de nombreuses violations des droits de l'homme, et à ramener les survivants dans leurs villages. La répression consistait aussi à tuer ou à engager de force dans l'armée tous les hommes d'âge militaire. Pour présenter ce cas à une commission internationale des droits de l'homme, vous pouvez parler aux survivants pour établir la nature et l'importance des violations des droits des gens des villages.

Discussion

A cause des actes des criminels, vous ne pourrez parler à aucun homme de cet âge.Vos données vont contenir une erreur systématique parce qu'elles ne représentent pas les violations contre tous les gens du village, seulement contre les survivants qui ne sont pas d'âge à servir dans l'armée. C'est une erreur systématique que vous ne pouvez pas contrôler. Vous devez expliquer cette contrainte quand vous présentez votre rapport.

Ce type d'erreur systématique est si commun que les statisticiens lui ont donné un nom spécial, «l'erreur systématique d'exclusion». La population à étudier est la population originale des villages mais votre échantillon ne peut «inclure» que les survivants. Vous devez faire d'autres enquêtes et d'autres études pour trouver d'autres survivants, pour obtenir les documents administratifs des criminels, pour assembler les témoignages oculaires, ou pour parler à des transfuges gouvernementaux,...

Exemple 2.13

Dans une enquête sur la façon dont les soldats noirs étaient traités dans l'armée américaine pendant la Deuxième guerre mondiale, des enquêteurs blancs ont rassemblé des données qui montraient que les soldats noirs étaient tout à fait satisfaits de leur sort. Un des enquêteurs se doutait qu'il y avait une erreur systématique et a demandé à des enquêteurs noirs de parler à un autre groupe de soldats noirs. Le niveau de satisfaction exprimé par les soldats noirs à des enquêteurs noirs était bien plus bas que celui exprimé à des enquêteurs blancs.

Discussion

Quand on rassemble des données en utilisant des enquêteurs, l'interaction entre l'enquêteur et le sujet de l'enquête peut créer des erreurs systématiques. Dans cet exemple, les soldats noirs ne voulaient pas exprimer leur mécontentement aux enquêteurs blancs. Il y avait probablement plusieurs raisons pour cette réticence, raisons qui pouvaient toutes avoir un effet sur la réponse d'un soldat.

Exemple 2.14

Un rapport dont nous devions faire la critique contenait des contradictions que nous ne pouvions pas expliquer. Après des conversations avec les travailleurs des droits de l'homme qui ont pris part au recueil des données, nous avons découvert que les victimes avaient exagéré l'importance des violations des droits de l'homme dans l'espoir d'augmenter la quantité d'aide internationale qui leur serait délivrée.

Discussion

Dans cet exemple, les personnes interrogées ont décidé d'essayer d'utiliser l'enquête pour leurs propres desseins. On ne peut venir à bout de ce genre d'erreur systématique qu'en vérifiant la consistance des données, ce que nous avons fait, ou qu'en trouvant d'autres sources de données pour valider les réponses. Heureusement, on peut vérifier de telles réponses fausses ou exagérées avec une quantité limitée de données supplémentaires - si on peut les obtenir.

Exemple 2.15

Dans certains pays, les traditions culturelles exigent que tous les enquêteurs soient des hommes. Au cours d'une étude sur le rôle des femmes dans le marché du travail (ce qui est un élément des droits économiques), certains chercheurs ont trouvé que les enquêteurs masculins ont des préjugés très marqués sur le rôle des femmes dans leurs sociétés dominées par les hommes. Quand ils recueillent les données sur la main d'oeuvre, il leur arrive souvent de considérer le travail fait par les femmes comme n'étant pas du vrai travail. Cela arrive même quand les chercheurs ont clairement défini le terme «travail». Par conséquent, bien qu'on désire ces données, elles ne sont pas obtenues à cause des préjugés des enquêteurs masculins.

Discussion

Les gens ont du mal à surmonter leurs préjugés culturels. Même quand vous faites l'effort d'être objectif, il peut y avoir des erreurs systématiques dans les données ou dans la conclusion des rapports qui vont soutenir votre point de vue. Même quand les questions sont valables et les réponses honnêtes, l'enquêteur peut enregistrer des résultats qui contiennent une erreur systématique. Cela peut provenir d'attitudes culturelles (comme ci-dessus), mais cela peut aussi provenir d'inattention, de manque de compréhension, ou des difficultés de l'heure (comme dans les régions où il y a des combats).

Exemple 2.16

Dans une enquête pour déterminer le nombre de Kurdes qui avaient disparu de leurs villages en Irak, un enquêteur essayait d'obtenir les noms des disparus. Avoir en main des listes de noms aurait permis de comparer les différentes listes et aurait rendu plus crédible le nombre présumé de disparitions. Mais l'enquêteur a bientôt noté que les habitants avaient beaucoup de mal à se rappeler les noms des disparus.

Discussion

Les problèmes de mémoire sont courants. On pose parfois des questions qui exige trop de la mémoire de l'interrogé. Surtout, quand les documents écrits n'ont pas été préservés et quand les événements se sont déroulés très rapidement, on doit s'attendre à ce que les répondants éprouvent de grandes difficultés à répondre aux questions concernant les événements passés. Dans l'exemple ci-dessus, l'enquêteur a trouvé une solution élégante: il a demandé aux habitants de s'imaginer qu'ils se promenaient dans les rues en regardant de près chaque maison. Ensuite il leur a demandé de penser aux habitants de la maison qui avaient été emmenés et qui n'étaient pas revenus.

Exemple 2.17

On demandait à des villageois illettrés de donner la date de certains événements. Ils étaient incapables de répondre en termes compréhensibles pour l'enquêteur, qui venait d'un pays industrialisé d'Europe occidentale.

Discussion

Un enquêteur expérimenté de ce pays s'est joint au groupe. Il savait que les villageois dataient les événements à partir de certaines catastrophes comme les famines, les inondations, les ouragans, la disette, les guerres, les épidémies, etc. Il connaissait suffisamment la région et son histoire pour pouvoir faire correspondre les dates des villageois à celles du calendrier occidental.

L'erreur systématique est possible non seulement dans le domaine des enquêtes sur le terrain mais aussi dans toute situation de cueillette des données. Certaines personnes (ou

gouvernements et certaines organisations) ont un préjugé idéologique qui va influer sur les données à recueillir, sur la façon de les enregistrer, sur les sujets choisis pour les rapports et sur le contenu des rapports.

Exemple 2.18

Dans l'analyse du traitement des droits de l'homme pendant l'administration américaine du président Reagan, l'organisation Human Rights Watch a trouvé que, bien que l'administration ait été très ouverte aux droits de l'homme dans l'URSS et ses alliés, «l'administration aussi a souvent négligé de dénoncer les violations des droits de l'homme dans beaucoup de pays alliés... les violations des droits de l'homme ont été souvent ignorées de peur que la critique d'un pays allié ...ne crée une situation favorable à l'influence communiste (8).»

Il n'y a pas de formule magique pour éliminer l'erreur systématique. On doit toujours être sensibilisé à la possibilité et travailler pour en éviter la présence.

2.6 AUTRES SOURCES DE DEFORMATION DES DONNEES

Même si aucune erreur systématique ne semble avoir influencé les données ou leur analyse, les documents publiés peuvent être incomplets ou incompatibles avec d'autres sources. Quand les données ne sont pas disponibles, certains auteurs utilisent des estimations ou bien les dernières données disponibles. Souvent les auteurs de données chiffrées sont bien au courant de ces problèmes. Avec grand mérite, beaucoup d'éditeurs gouvernementaux et privés avertissent les lecteurs de ces problèmes dans leurs rapports, comme le montre l'exemple suivant.

Exemple 2.19

On désire comparer la situation économique de plusieurs régions du monde en étudiant leur déficit commercial. La World Table fourni ces données. Mais le chiffre fournit pour 1981 pour le transfert d'argent au Moyen Orient et en Afrique du Nord ne comprend pas L'Irak et l'Iran, contrairement aux années précédentes. Pour apprendre cela, il faut lire la note qui se trouve quatre pages après le tableau.

Discussion

On peut comprendre les limitations des données publiées si on sait ce à quoi il faut faire attention et si on lit les notes. Nous soulignons qu'on peut concilier les différents chiffres et évaluer la qualité des données publiées en utilisant les notes et les commentaires des prologues, qui se trouvent dans beaucoup de rapports. Mais encore faut-il s'efforcer de les trouver.

Et si on fait l'effort nécessaire, on trouve souvent l'explication des conditions spéciales qui s'appliquent aux données rapportées ou publiées.

Les enquêteurs qui travaillent sur le terrain sont conscients d'une autre sorte d'erreur: dans beaucoup de cultures, les gens n'ont pas l'habitude de compter et de mesurer.

Dans certaines cultures agricoles, les comptes et les mesures précis sont presque inconnus, ce qui peut ne pas être un problème pour survivre et même pour réussir dans cette culture, mais qui peut compliquer la tâche de l'enquêteur à la recherche de chiffres exacts. Dans les sociétés industrialisées, quoique les chiffres et les mesures précis soient importants, bien des gens ne pensent même pas à compter ou à mesurer. Dans ces deux situations, l'enquêteur doit faire tout l'effort possible pour vérifier que les données sont exactes.

Les recherches pour les erreurs de ce genre doivent avoir lieu au même endroit que les entrevues.

Exemple 2.20

Un enquêteur cherche à établir par une conversation avec plusieurs habitants le nombre de personnes qui ont été emmenées du village. La réponse est «un grand nombre». L'enquêteur qui veut obtenir un chiffre demande «Cinquante? Cent? Deux cents?» Les habitants qui savent que leur existence future et leur sécurité peuvent dépendre du degré auquel ils pourront faire plaisir à l'enquêteur, cherchent attentivement les signes pour leur indiquer quel chiffre (aucun chiffre n'a de sens à leurs yeux) ils doivent choisir pour lui faire le plus plaisir.

Discussion

Les enquêteurs expérimentés ne se font pas prendre à ce piège. Plusieurs parmi nous savent quand les chiffres que l'on leur présente sont créés pour leur faire plaisir et n'ont pas de rapport avec la réalité. Mais pour être capable de faire cette vérification capitale pendant la cueillette des données, il faut que l'enquêteur ait un niveau élevé de sensibilisation et, ce qui est plus important, une connaissance complète de la culture et de la langue locale.

Que faire si les enquêteurs n'atteignent pas ce niveau élevé? S'il faut utiliser des enquêteurs qui n'ont qu'une connaissance théorique du pays et qui doivent avoir recours à interprètes, il faut agir comme suit:

*Essayer d'obtenir les mêmes données de plusieurs sources différentes.

* Choisir soigneusement les interprètes et les experts locaux en la matière.

On peut souvent demander d'avance le service de gens qui ont travaillé dans la même région et qui peuvent vous fournir une aide fiable.

Si vous faites une enquête pour recueillir des données, faites de votre mieux pour suivre les règles ci-dessus. Une enquête bien conçue peut aborder des sujets difficiles en posant la même question de plusieurs façons. L'enquêteur peut alors vérifier la consistance des réponses comme nous l'avons décrit plus haut dans ce chapitre. On doit surtout tester l'enquête avant de la faire sur le terrain. Pour ce faire il faut l'essayer sur plusieurs personnes et évaluer leur façon de réagir. (Ne pas oublier qu'il existe des spécialistes dans la conception d'enquêtes. Il faut demander leur aide.Voir la préface pour plus de détails.)

SOMMAIRE DES PRINCIPES

1. Les données qu'on recueille dépendent de la façon dont elles sont recueillies.

2. Ne rien accepter a priori, puisque toutes les données peuvent avoir les problèmes suivants:

* Définition

* Données incompatibles sur le même sujet à partir de sources différentes

* Erreur par dessein ou par négligence

* Suppression délibérée de données

3. Ces problèmes ne constituent pas une raison de rejeter des données sur les droits de l'homme; il faut faire le maximum pour les résoudre.

4. Vous devez savoir d'avance qu'obtenir des données valables va être la tâche la plus difficile.

5. Le succès de vos efforts dépend de la qualité des données de base:

* Les mauvaises données peuvent mener à de fausses conclusions et à des actions inappropriées ou nuisibles.

* Les conclusions basées sur de mauvaises données ne peuvent pas être soutenues par des raisonnements logiques.

* Les conclusions obtenues à partir de mauvaises données ne résistent pas à un examen minutieux public ou légal.

6. Vérifier d'abord la validité des données.

7. Pour qu'on puisse corriger les erreurs d'enregistrement, de transcription, d'entrée dans l'ordinateur, et de calcul, il faut connaître la qualité requise des données.

8. Il faut s'attendre à trouver des erreurs systématiques dans les données pour les raisons suivantes:

a. Erreur systématique d'exclusion, quand l'échantillon ne représente pas toute la population

b. L'interaction entre l'enquêteur et la personne interrogée

c. Les réponses inexactes qui répondent aux besoins des personnes interrogées

d. Les attitudes culturelles, l'inattention, le manque de compréhension, ou les difficultés de l'endroit et de l'heure

e. Les problèmes de mémoire

f. Le manque de compréhension des questions posées

g. Le point de vue de la personne ou du groupe qui enregistre les données, ou de la personne ou du groupe qui vous fournit les données.

9. Il faut lire toutes les notes et remarques supplémentaires et reconnaître les erreurs ou les imprécisions qui peuvent se trouver dans les données.

REFERENCES

1.Samuelson, D. A. and Spirer, H. F. Use of incomplete and distorted data about inference about human rights violations, in Jabine, T. B. and Claude, R. P., eds., Human Rights and Statistics: Getting the Record Straight. Philadelphia: Univ. of Pennsylvania Press, 1992, chapter 3.

2.United Nations. Report of the situation of human rights in Cuba prepared by Mr. Rafael Rivas Posada, Special Representative of the Secretary-General, in accordance with the mandate given him by Commission resolution 1991/68. Economic and social Council, Commission on Human Rights: E/CN.4/1992/27. New York, 1992.

3.Stohl, M., Carleton, D., Lopez, G. and Samuels, S. State violation of human rights: Issues and problems of measurement. Human Rights Quarterly 8:597-598 (1986)

4.Mrs. Witbooi, as quoted in Wilson, F. and Ramphele, M. Uprooting Poverty: The South African Challenge, New York: W. W. Norton, 1989, p. 14.

5.Bureau of the Census, The Statistical Abstract of the United States, 1992 (112th edition). Washington, DC: 1992, p. 426.

6.Sechaba Consultants. Gay, J. H., Gill, D., Green, T., Hall, D., Mhlanga, M., and Mohapi, 'M. Poverty in Lesotho: A mapping exercises. Maseru, Lesotho, 1991, p. 1.

7.Bureau of the Census, The Statistical Abstract of the United States, 1992 (112th edition). Washington, DC: 1992.

8.Human Rights Watch. the Reagan Administration's Record on Human Rights in 1988. New York, 1989, p. 1-2.

9.The World Bank. World Tables, Volume 1 -- Economic Data from the Data Files of the World Bank, 3rd ed. Baltimore, MD: 1983, pp. 534, 538.

EXERCICES POUR LE CHAPITRE 2

2.1. Une organisation privée, Les Prisonniers Politiques du Monde (PPM), veut commencer une campagne de lettres en faveur des prisonniers politiques. Fournissez une définition de «prisonnier politique» (par écrit).

2.2. Décidez pour les PPM si les cas individuels suivants sont des prisonniers politiques à partir de votre définition de l'exercice 2.1. Faites un cercle pour chaque décision, «Oui» ou «Non» en utilisant les colonnes de droite. La liste de délits provient de situations réelles. Prenez note qu'il n'y a pas de colonne pour «peut-être». Vous devez faire un choix.

 

 

Délit

Prisonnier politique?
(Encerclez votre choix)

A dit du mal de la révolution

Oui

Non

A envoyé des armes de contrebande à un groupe de terroristes connus dans un autre pays

Oui

Non

S'est plaint des mauvais traitement dans les prisons

Oui

Non

A manifesté contre les actes des directeurs de prisons

Oui

Non

A proclamé la corruption de membres du gouvernement

Oui

Non

Est dangereux (a eu des problèmes mentaux)

Oui

Non

A manifesté contre les mauvaises conditions de vie

Oui

Non

A essayé de mettre une bombe dans un avion

Oui

Non

A utilisé la propagande de l'ennemi

Oui

Non

Rébellion

Oui

Non

A essayé de partir du pays sans autorisation

Oui

Non

Membre de l'opposition; en possession illégale d'armes

Oui

Non

A cherché l'asile politique dans une ambassade étrangère

Oui

Non

A manifesté contre l'emprisonnement des enfants

Oui

Non

S'est rendu dans un pays où il n'est pas permis de voyager

Oui

Non

Aucun délit (travaillait pour une organisation des droits de l'homme)

Oui

Non

A essayé de quitter le pays pour chercher du travail

Oui

Non

A fait le trafic des devises en violation des loi fiscales

Oui

Non

Aucun délit

Oui

Non

Crimes contre la sécurité de l'Etat

Oui

Non

A pillé pendant une émeute contre le gouvernement

Oui

Non

A refusé une réquisition de travail obligatoire pendant une catastrophe nationale

Oui

Non

A manifesté contre les conditions de travail dans un chantier naval

Oui

Non

Possédait la documentation d'une religion interdite

Oui

Non

Portait une affiche de protestation en dehors de l'endroit où la manifestation était autorisée

Oui

Non

2.3. A partir de votre propre expérience, donnez au moins un exemple de situation des droits de l'homme dans laquelle une des circonstances suivantes serait, ou pourrait être, un problème:

1.définition

2.différences entre des données sur le même sujet provenant de sources différentes

3.erreur systématique délibérée ou accidentelle

4.suppression délibérée

5.dissimulation de données

6.recueil sans soin ou sans méthode

2.4. Il y a quelques années, le nombre de prisonniers politiques à Cuba a été estimé comme suit par les différentes organisations:

Selon le Ministère américain des Affaires étrangères plus de 15.000; selon le Ministère cubain des Affaires étrangères moins de 800. Selon Amnesty International, approximativement plusieurs milliers; selon le Comité cubain des droits de l'homme environ 10.000 à 15.000. Amnesty International a une liste de 436 noms; le Comité cubain des droits de l'homme a une liste de 1.500 noms

Comment peut-on expliquer ces différences?

2.5. Une organisation privée qui est concernée par les problèmes des femmes veut établir l'importance des viols de femmes par les soldats pendant les guerres civiles dans (a) un pays d'Afrique et (b) un pays d'Europe.

1.Choisissez (a) ou (b) et préparez la liste des éléments que vous considérez constituer du «travail difficile» dans l'obtention des données.

2.Pour l'exemple que vous avez choisi, quels sont les problèmes de sécurité que vous prévoyez pour vous-même, pour les personnes interrogées, de la part des autres?

2.6. Le paragraphe suivant est un extrait déguisé d'un vrai rapport:

Près de la moitié des cinq millions d'habitants du pays a été déplacée par la guerre civile. Par conséquent, le pays a le plus grand pourcentage de réfugiés et de personnes déplacées de son continent. Une organisation privée nous dit que 1.500.000 habitants habitent dans la capitale, une augmentation de 500.000 en plus des 1.000.000 d'habitants d'avant-guerre. Le reste du pays a probablement une population de plus de 2.000.000 personnes. On pense qu'environ 1.300.000 des habitants du pays d'avant-guerre sont maintenant des réfugiés dans des pays voisins.

Vérifiez la consistance de ces chiffres.

2.7. Réferrez-vous à l'exercice précédent. Les faits suivants furent présentés dans le même rapport:

Plus d'un quart de la population totale du pays habite dans la capitale.

Ce fait est-il en concordance avec les faits précédents?

2.8. Continuant avec le même rapport, on y trouve plus loin:

Les pays A et B ont chacun accepté environ 350.000 réfugiés (du pays qui a connu la guerre civile).

Vérifiez la concordance de ce fait avec les données de l'exercice où nous avons présenté cet exemple.

2.9. Un rapporteur des Nations Unies doit recueillir des renseignements dans un pays dont il ne parle pas la langue. En vous basant sur votre connaissance de votre propre pays, quels conseils donneriez-vous à ce rapporteur dans le choix des personnes suivantes:

a. Un interprète ou des interprètes.

b. Des guides qui vont emmener le rapporteur dans tout le pays




L’Analyse des données pour le contrôle des droits de l’homme:

[
Contenu] [Preface] [Chapitre 1] [Chapitre 2] [Chapitre 3] [Chapitre 4] [Chapitre 5] [Chapitre 6]
[Chapitre 7] [Chapitre 8] [Chapitre 9] [Annexes]



Back to Index HRE Library

Electronic Resource Centre for Human Rights Education:
L’Analyse des données pour le contrôle des droits de l’homme